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FRANCE Apéro thématique n°5 "Vivre autrement le présent" (2012)

Ils étaient une vingtaine au dernier apéro thématique avant l’été, sur le thème "Vivre autrement, maintenant, c’est possible ?" le 26 juin 2012, à la Galerie Goutte de terre. A cette occasion, nous avons reçu deux associations pour nous introduire au débat : la communauté de la Nef des fous, représentée par Diogène et le mouvement COLIBRIS, représenté par Marianne Mamou.

Marianne MAMOU présente dans un premier temps Colibris, dont la mission est "d’inspirer, relier et soutenir les initiatives locales qui visent à une société plus écologique et plus humaine" en organisant des moments d’échange et de rencontre entre acteurs puis en les accompagnant. Elle rappelle la légende amérindienne du colibri : "Il y avait un très grand incendie dans la forêt. Tous les animaux étaient tétanisés par les flammes. Le colibri s’est réveillé, est allé cherché de l’eau dans son bec pour arrosé le feu et a fait ainsi des allers-retours. Le tatou le regardant passer se moque en lui signalant qu’il ne parviendra pas à éteindre le feu. Le colibri répond "Je fais ma part". Vivre autrement repose donc principalement pour l’association autour de la création de liens et la responsabilité individuelle.

Diogène, représentant de la Nef des fous, a ensuite introduit sa communauté, créée il y près de quarante ans sur 300 hectares, localisée près de Sisteron. La communauté de Jansiac réunit 5 à 15 personnes et tout ce qui est d’ordre économique est géré sur le lieu : la communauté sépare ce qui est de l’ordre du social et ce qui est d’ordre économique. Il rappelle que "la vie autre n’est pas une liste de renoncements" .

La communauté auto-gérée  : décryptage

A la recherche d’un idéal de société, ses membres ont constaté que la société actuelle, ne pouvant poursuivre son rythme, va s’immobiliser (cf. "The stable society : can we achieve it ? Edward Goldsmith). Les sociétés d’autrefois cherchaient à respecter la reproduction des sociétés afin qu’aujourd’hui soit similaire à hier. La société actuelle au contraire cherche à rendre demain meilleur qu’hier. "Elle s’auto-mange". Diogène rappelle qu’il existe des "communautés paisibles" depuis des centaines d’années. La communauté de Jansiac fait la distinction entre "le personnel, l’interpersonnel et le communautaire".

Les membres de la communauté définissent précisément ce qui est mis en commun. La mise en commun est personnelle, pas professionnelle. La communauté est ouverte à tous, souvent sur cooptation. La communauté n’a ni téléphone, ni compteur électrique. Ils produisent une petite quantité d’électricité au GPL selon les besoins, moulent le grain, coupent du bois pour l’hiver et les enfants sont éduqués à la maison. Seul l’accès aux soins n’est pas régi directement par la communauté.

La collectivité décide de la contribution qu’elle donne à la société extérieure, notamment via les cotisations sociales. Un SMIC permet ainsi à cinq personnes de vivre pendant un mois. Aussi, certains membres de la communauté travaillent à l’extérieur. La communauté vit également de la récupération des machines. Diogène rappelle que le groupe est "une idée, pas une réalité".

La gestion des lieux collectifs

Le capital initial apporté dans les lieux collectifs est une question primordiale : les membres apportent une cotisation pour le partage des biens collectifs. A qui appartient la terre ne semble pas être une question puisque le capital investi n’est plus individuel mais appartient à la communauté. La question du foncier ne doit donc pas constituer un frein.

Colibris : l’accompagnement

Marianne MAMOU explique le rôle de Colibris, qui soutient les idées alternatives comme les Systèmes d’échanges locaux (SEL) ou les systèmes d’éducation alternatifs, partant du principe qu’on ne peut consommer des ressources à l’infini dans un monde fini. "Avant de savoir ce qu’on va faire, on décide de comment on va le faire." (cf. "Vers la sobriété heureuse" Pierre Rabhi).

Colibris accompagne les porteurs de projets alternatifs en demande, notamment en présentant les différents projets sur une carte. Elle rappelle que les problèmes interpersonnels sont les mêmes dans les écolieux qu’ailleurs. Colibris soutient également les villes en transition et les écolieux. Les règles d’un écolieu se fixent avant de poser la première pierre.

Le vivre ensemble

La question du vivre autrement se pense ensemble : la question centrale semble être comment vivre autrement en société, en respectant la manière de penser de chacun.

Retrouvez les entretiens réalisés par Radio solidaire ici !

Pourquoi la Galerie Goutte de terre ?

La "Galerie associative Goutte de Terre" est une association loi 1901 fondée en 2009 par Raphaël Schaltegger. A travers sa sélection d’artistes, la galerie Goutte de terre diffuse des oeuvres qui véhiculent les valeurs de notre planète.

Les bénéfices de la Galerie soutiennent des associations oeuvrant à l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans le monde.

C’est parce que ses valeurs sont proches de celles de SOLIDARITÉ que la Galerie Goutte de terre est l’un de nos trois partenaires pour le projet des apéros thématiques, avec le Centre Valeyre dans le 9e arrondissement et le lieu culturel Mains d’oeuvres à Saint Ouen.
 

 

 

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Infos +

Le 26 juin dernier, une vingtaine de personnes ont participé à l’apéro thématique "Vivre autrement le présent", organisé à la Galerie goutte de terre, dans le 11e arrondissement parisien, avec La Nef des fous et Colibris.



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