Le 2 novembre, à la Galerie Goutte de Terre, le premier événement de campagne sur l’accès à la terre des indiens adivasis a marqué les esprits. À 20h, des intervenants diversifiés et de qualité ont partagé avec un public curieux leur approche de cette thématique à la lumière du témoignage d’un activiste adivasi.
Une vingtaine de personnes a tout d’abord assisté à la projection du reportage "les veines ouvertes du géant indien" réalisé par Léo Mattei et Alex Gohari.
Léo Mattei, a partagé son expérience de réalisation dans un contexte complexe où les enjeux militaires, politiques et économiques s’enchevêtrent, laissant une marge de manœuvre très limitée aux journalistes pour s’emparer du sujet difficile de l’accaparement des terres. Nous vous invitons à consulter son reportage ci-dessous :
Les veines ouvertes du géant indien, ARTE Reportage
from Nazaria Production on Vimeo.
Ont suivi une projection du documentaire de l’ONG Survival "Mine : Histoire d’une montagne sacrée" et une intervention de Sophie Baillon, porte-parole de cette ONG en France, sur la réussite de la campagne des Dongria contre l’entreprise Vedanta.
Cécile Bes, doctorante et chargée de mission plaidoyer chez SOLIDARITÉ, a ensuite présenté le mode de vie des adivasis et leur mise en péril par l’accaparement public et privé des terres. Elle a rappelé que de nombreuses lois existent déjà ; le problème tient à leur mauvaise application. Sa présentation des adivasis est disponible ci-dessous.
Qui sont les adivasis ?
Les populations autochtones d’Inde sont désignées sous le terme adivasi, une appellation singulière signifiant littéralement « habitants-originaires », qu’elles préfèrent pourtant aux termes génériques autochtones ou indigènes. Ces descendants des premiers habitants de l’Inde représentent aujourd’hui environ 8,2% de la population indienne, soit plus de 84 millions d’habitants.

© Simon Williams, pour Ekta Parishad
En quoi leur rapport à la terre est différent du nôtre ?
Du fait de leur isolement géographique, les sociétés adivasis sont caractérisées par une organisation sociale égalitaire et un système politique et économique marqué par une forte autonomie à l’égard des autorités et des acteurs étatiques. Elles reposent sur des règles coutumières, guidées par un esprit communautaire très ancré où le rapport collectif à la terre est privilégié.

© Simon Williams, pour Ekta Parishad
Pourquoi l’accès à la terre des communautés adivasis est restreint ?
Le rapport particulier de ces communautés à la terre la place au cœur de tous les enjeux culturels et sociaux. Or, l’État et les acteurs privés exercent une pression croissante sur les ressources naturelles et minières concentrées dans ces régions reculées : une menace des droits coutumiers, mais aussi constitutionnellement garantis, de ces populations sur leurs terres et sur leurs ressources.
La soirée s’est conclue par le témoignage d’Etwa Oram, avocat et activiste adivasi, partenaire de SOLIDARITÉ. Il a présenté son combat quotidien, qui est également celui des communautés adivasis, pour accéder à la terre : la pression sur les ressources, la forme que prend leur résistance (des avocats et juristes conseillent les populations locales et les informent sur leurs droits), les mobilisations et les formes de l’accaparement. Une partie de sa présentation est disponible ci-dessous.
Etwa Oram, activiste et avocat adivasi, présente la problématique de l’accès à la terre dans sa communauté
Une très belle soirée dans les locaux de la Galerie Goutte de Terre, galerie associative aux activités variées : expositions, spectacles, concerts et cinés-débats.
Les prochains événements de la campagne seront annoncés dans les lettres d’information mensuelles SOLIDAR’IT et sur le site Internet.
- Retrouvez les premiers articles de présentation de la campagne pour le droit des Adivasis en Inde.
- SOLIDARITÉ soutient également la campagne Jansatyagraha, marche pour l’accès à la terre en Inde.

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